Dans le secteur financier comme dans l'industrie, de nombreux postes sont actuellement supprimés. Les personnes touchées ont souvent plus de 50 ans et ont travaillé pendant des décennies pour le même employeur. Leurs connaissances de leur propre situation de prévoyance sont généralement limitées – ce qui se comprend: tant que l'employeur organisait la prévoyance, la question ne se posait tout simplement pas.
Beaucoup de personnes concernées n'ont pas conscience des questions qui se posent ni des réponses possibles.
Teodora Toma
Responsable Conseil Libre passage
Qu'advient-il de l'avoir de la caisse de pension après un licenciement?
L'avoir de vieillesse accumulé reste acquis dans tous les cas. Qui retrouve rapidement un emploi fait transférer son capital – le cas échéant avec un bref détour par un compte de libre passage – directement dans la caisse de pension du nouvel employeur.
La situation est différente lorsque le retour à la vie active prend plus de temps, qu'une activité indépendante est envisagée, qu'un taux d'occupation réduit est recherché ou que la retraite approche. Plusieurs variantes s'ouvrent alors, qu'il convient de peser soigneusement.
Combien de temps suis-je encore assuré après la sortie de la caisse de pension?
Les risques d'invalidité et de décès ne sont couverts que pendant un mois après la sortie de la caisse de pension. Ce délai de couverture prolongée très court est fréquemment sous-estimé.
En complément, une assurance par convention peut être conclue auprès de l'assurance-accidents. Elle prolonge la couverture accidents, mais pour une durée maximale de six mois. Qui reste plus longtemps sans solution de raccordement présente une lacune dans sa couverture des risques – un point à clarifier tôt dans le conseil.
Pourquoi vérifier l'ordre des bénéficiaires après une perte d'emploi?
Parce que les prétentions relevant du droit de la prévoyance obéissent à d'autres règles que le droit successoral. Qui transfère son capital vers une institution de libre passage après un licenciement devrait donc vérifier qui est effectivement bénéficiaire en cas de décès – et si cet ordre correspond encore à la situation de vie actuelle.
Puis-je rester assuré auprès de mon ancienne caisse de pension?
Oui, à certaines conditions. Qui a au moins 58 ans et a été licencié par son employeur peut maintenir facultativement sa prévoyance auprès de la caisse de pension existante. Le grand avantage: le droit à une prestation de vieillesse sous forme de rente est préservé.
Le prix à payer: outre sa propre cotisation, la personne assurée doit également financer elle-même la part patronale. Pour beaucoup de personnes licenciées, cela dépasse les possibilités financières. Par ailleurs, loin de toutes les caisses de pension ne prévoient un versement ultérieur sous forme de rente pour les personnes sorties, car elles ne veulent pas porter les risques qui y sont liés. Un coup d'œil au règlement de prévoyance vaut la peine dans tous les cas.
Comment briser la progression fiscale lors du retrait?
Par un échelonnement: si le capital de libre passage est réparti sur deux comptes auprès d'institutions différentes, les retraits peuvent être répartis sur plusieurs périodes fiscales. Un compte de libre passage ne peut en effet être retiré que dans son intégralité.
Cette planification doit être mûrement réfléchie: l'administration fiscale accepte en règle générale au maximum trois versements. À noter également que les retraits de la prévoyance professionnelle et du pilier 3a effectués la même année sont additionnés.
Quelles possibilités offrent les fondations de libre passage?
Les fondations de libre passage sont plus qu'un simple lieu de stationnement pour le capital de prévoyance. Selon le prestataire, des solutions en titres avec un large éventail de placements sont disponibles en plus des comptes. PensExpert gère deux fondations de libre passage propres, qui permettent en outre un versement sous forme de rente dès 60 ans – le niveau des prestations dépend du capital apporté.
Que change la réforme AVS 2030 prévue pour le deuxième pilier?
Le projet mis en consultation fin mai 2026 concerne en premier lieu l'AVS, mais a des répercussions directes sur la prévoyance professionnelle. Le Conseil fédéral propose de relever l'âge minimal de la retraite dans le deuxième pilier de 58 à 63 ans, par analogie avec l'AVS. La période disponible pour les étapes de retraite partielle se réduirait ainsi à trois ans.
Autre point contestable: qui reste actif au-delà de 70 ans pourra certes continuer à cotiser à l'AVS – mais pas à la prévoyance professionnelle.
Conclusion: la planification de la prévoyance doit figurer sur la liste des priorités
Qui perd son emploi se concentre d'abord sur la recherche d'un nouveau poste – c'est compréhensible. Perdre de vue la prévoyance peut toutefois coûter cher, précisément dans les années précédant la retraite, celles où le capital accumulé croît le plus fortement. Qui connaît ses options décide mieux.
Cet article se fonde sur un entretien avec Teodora Toma, responsable Conseil Libre passage chez PensExpert, paru sur finews.ch (en allemand). Vers l'article original: Viele Kündigungen bei Banken – hoher Beratungsbedarf bei Vorsorgefragen